Congrès du PS sur fond de déroute des derives d'un système, ou bien du système lui-même? Difficile débat que les socialistes n'ont pas tranché. Pour ma part, il va de soi que la deuxième réponse est la plus perspicace. Je m'explique. Ce besoin de régulation, découlant des dérives d'une spéculation financière totalement folle, provient d'un constat. Le système capitaliste (oui, utilisons les gros mots !!), est dans sa nature même un loup pour lui-même. Le capital chasse le profit par tous les moyens. Si la société industrielle ne produit plus suffisamment de plus-values, il s'agira de trouver de nouveaux secteurs à potentiel. La monnaie, au départ simple intermédiaire, nécessaire lors des transactions, devient par ce jeu le centre du marché. Les investisseurs vont peu à peu investir dans l'iréel, les banques se couper du monde, en s'employant à placer l'argent de gros fonds spéculatifs, dans des produits purement financiers.
Dérive prévisible? Oui, depuis 1867, on a les clés de ces mécanismes. Karl Marx dans le Capital, décrypte ce qu'il appelle le fétiche automate, où le règne du capital financier, qui ne sert plus à l'argent qu'à faire de l'argent. Dès 1848 et Le manifeste, Marx s'emploie à démontrer que les rapports de production déterminent la forme du Capital, et que celui-ci viendra nécesairement à se mondialiser. Il illustre : "grâce au perfectionnement rapide de tous les intruments de production, grâce aux communications rendues infiniment plus faciles, la bourgeoisie entraîne brutalement dans la civilisation toutes les nations, même les plus barbares. Le bon marché de ses marchandises est l'artillerie lourde avec laquelle elle abat toutes les murailles de Chine et contraint à capituler les barbares qui nourissent la haine la plus opiniâtre de l'étranger. Elle oblige toutes les nations à faire leur, si elles ne veulent pas disparaître, le mode de production de la bourgeoisie (...)".
Archaïque peut être? C'est ce que certains essayent de nous faire croire en tout état de cause. Mais lorsque les faits parlent d'eux-mêmes, lorsque les défenseurs d'un système ,rejoignent les pourfendeurs de celui-ci, pour dénoncer à haute voix médiatique les limites du libéralisme. Il est peut être temps de songer sérieusement à une autre logique. Moins basée sur le profit et le court terme que sur un objectif clair de transformation sociale, économique, sociétale, environnementale et politique de ce système.
Cela passe par regagner le rapport de force, de manière incontestable en notre défaveur. Pour cela, il faut accompagner les mouvements sociaux, à l'heure actuelle seuls défenseurs de nos chers acquis sociaux et sociétaux. Mais seul un programme portant une ambition claire de reconquête du pouvoir, avec un discours clair, cohérent et radicalement progresiste, sera à même de contrer la politique néo-conservatrice libérale en place.
Passons ces rendez-vous à venir et surtout, construisons !

