Mercredi 6 mai 2009
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Le refrain est malheureusement bien connu : gare au retour de l'ordre moral après des périodes de troubles sociaux.
Les élections européennes du 7 juin, d'ores et déjà annoncées calamiteuses du point de vue de la participation, vont cependant être l'occasion d'avoir un baromètre de l'état d'exaspération que
notre pays connait. Si la gauche de responsabilité et de transformation ne parvient pas à capter le mécontentement populaire, nous pouvons craindre une poussée du vote de contestation à la droite
de la droite de l'échiquier politique.
Seront à suivre, donc, les scores frontistes dans les régions les plus touchées par la crise. Les bassins industriels durement malmenés par les fermetures d'usines, l'accroissement du chômage
partiel dans plusieurs secteurs, le malaise ressenti par de nombreux français, seront sans aucun doute au coeur d'un vote de protestation qu'il faudra comprendre et pourtant dès à présent
combattre.
De la même manière, les futures listes dites "anti-sionistes" seront à suivre de prêt. A la suite de mes précédents articles (voir
ici, et
ici ), j'aimerais revenir sur une polémique presque
nationale désormais : la présence de l'ex-humoriste Dieudonné aux élections européennes, et la classification selon moi dans l'extrême droite de ces listes politiques.
Les récents rapprochements entre l'ex-marxiste Soral, le communautariste Seba, le moraliste Ramadan, le négationniste Faurisson et le désormais homme politique Dieudonné laisse présager une forme
de recomposition au sein de la grande famille nationalo-faschisante française. Le mal fait à notre intégrité républicaine se fait déjà sentir. Il ne faut pas nier que Dieudonné possède un certain
crédit auprès de nombreuses personnes, par exemple dans les quartiers populaires de la banlieue parisienne. Pourtant, ne nous y trompons pas. Il s'agit bien d'une authentique campagne qui s'ouvre à
nous aujourd'hui. Nous ne pouvons accepter, aujourd'hui en France, une remise en cause de notre modèle républicain, le replis sur soi, la haine de l'autre et le retour à l'ordre moral proposé par
ces personnes.
Au même titre que le F-Haine, il n'est pas possible de criminaliser ces futures listes, sous peine de jouer le jeu de la victimisation de ces messieurs - ce qu'ils cherchent par ailleurs - et leur
donner encore plus de crédit. L'UMP et son chien de garde Lebfevre l'ont bien compris. En brandissant l'arme juridique en vue d'interdire ces listes, le parti gouvernemental joue un jeu très
dangeureux. Priver d'élections Dieudonné revient à le faire passer pour beaucoup comme une victime du soi-disant "complot sioniste". Le mal est pourtant déjà fait. La droite sait que des électeurs
traditionnels de la gauche iront se porter sur ce vote, ce qui augmentera ses chances de se trouver en tête des voix le 7 juin prochain.
Une seule solution s'offre donc aujourd'hui au camp du progrès : combattre pied à pied, sur le fond comme sur la forme, toute tentative de repli communautaire et de vote en direction de listes
fachisantes, par la pédagogie, la discussion et une vraie campagne de terrain.